Comment l'Homme en est-il arrivé jusque là ?

  • Portrait de Marc
    Marc
  • le 26 septembre 2017
Article
Comment l'Homme en est-il arrivé jusque là ?

Comme vous le savez, SUPER7 est un site web dédié à l’alimentation naturelle, à l’activité physique fonctionnelle et tout ce qui repose sur un mode de vie sain. (lire Pourquoi SUPER7 ?) Ainsi, pour vous aider à devenir une meilleure version de vous même, il me semble nécessaire de vous donner une vision d'ensemble sur l'être humain en général, c'est à dire d'où nous venons et comment nos modes de vie ont évolués. Je vais donc vous raconter une histoire qui nous concerne tous puisqu’il s’agit de l’évolution de l’homme sur terre, de nos débuts à aujourd’hui.

L’évolution de l’homme d’hier à aujourd’hui 

Avant l’apparition de l’espèce humaine, il faut savoir que nous descendons des hominidés. C’est le groupe de primates auquel a appartenu l'homme, au même titre que les singes actuels, il y a environ 17 millions d’années. Notre lignée humaine s'est ensuite séparée il y a environ 8 à 10 millions d'années de celle qui a abouti aux grands singes d’aujourd’hui (bonobos, chimpanzés, gorilles) A cette période, les espèces se sont multipliées, d’autres ont disparu sans descendance. Notre évolution est comparable à un arbre dont certaines branches se séparent et d'autres s'arrêtent. Dans tout ça, l'homme moderne que nous sommes est finalement l’unique rescapé de cette lignée. C’est un point important pour vous rappeler que le mode de vie des primates était basé sur une activité physique quotidienne et leur nourriture était composée principalement de végétaux, d’insectes et quelques petits mammifères, ce qui a évidemment participé à l’évolution des gènes qui caractérisent notre espèce.

Le paléolithique

Cette période que l’on appel Paléolithique débute il y a environ -2,5M d’années avec l’apparition de la 1ère espèce dite Homo. On en comptera une 15ène dont les plus connus Homo habilis, Homo neanderthalensis, etc.  Finalement toutes éteintes, seule Homo sapiens est la seule espèce représentée aujourd’hui, par nous-même. A cette époque, l’homme a vécu de chasse, de pêche et de cueillette d’où le surnom de chasseur-cueilleur. Il s’est exclusivement alimenté d’aliments frais et naturels mis à disposition par la nature tels que des légumes, des fruits, des racines, des baies, des fruits à coques, des oeufs, du poisson et de la viande.

A partir de la découverte de la technique du feu, il y a -450 000 ans, l’homme a commencé à faire cuire ses aliments. La cuisson et en particulier celle de la viande, améliore le goût, soulage le travail digestif, favorise l’absorption des nutriments et élimine les bactéries. Par exemple, les protéines du blanc d’œuf cru ne sont absorbées qu’à hauteur de 50% alors qu’elles le sont à plus de 90% après cuisson. C’est ainsi, en économisant de l’énergie et en absorbant + de nutriments que l’homme développera son cerveau jusqu'à la taille de celui que nous avons aujourd’hui.

Sur la terre, en fonction du climat et du relief géographique, les plantes et les animaux n’étaient pas répartis de façon identique, l’homme a donc dû s’adapter à l’environnement qui l’entourait. Pour se nourrir, il préférait s’orienter vers une alimentation plus facile à obtenir telle que les végétaux plutôt que de se fatiguer ou périr à la chasse. Chose vraie dans les pays chauds et tempérés où les fruits et baies poussaient en abondance mais moins évidente chez les Eskimo au Groenland qui tirent la majorité (90%) de leur alimentation de la chaire animale. Ajouter à celà des périodes de jeûnes ou d'abondance à certaines périodes, on peut affirmer aujourd'hui qu'il existait une multitude de régimes alimentaires adoptés par différentes espèces avec le même point commun : une source exclusive d'aliments naturels.

Où qu'il se trouve sur le globe, l’homme était connecté avec la nature, il vivait en fonction de ces cycles (lever et coucher du soleil, saisons, météo) et il dépendait évidemment d’elle. Même s’il chassait, il respectait les espèces animales et il tuait uniquement par nécessité : s’alimenter. Et puis il exploitait toutes leurs parties pour sa survie (les os comme outils, la peau pour s’habiller, etc).

Au quotidien, l’homme était toujours en mouvement pour subvenir à ses propres besoins et ceux de sa famille. Son corps lui permet d’effectuer des mouvements fonctionnels, en d’autres termes, qui assurent des fonctions utiles et vitales dans son quotidien. Il est très à l’aise sur des actions telles que grimper, tirer, porter, sprinter, lancer, sauter, déplacer, creuser, taper, jeter, s’accroupir, etc. il va sans dire que ce sont des mouvements qui nous caractérisent et pour lesquels nous sommes fait. En effet, ce Cross Training (entrainement croisé) composé de tous ces gestes et aptitudes physiques sont inscrits dans nos gènes, nous les avons reproduits pendant des millions d’années, ils ont façonnés le corps que nous avons aujourd’hui.

Aussi loin que cela puisse paraître, Le Paléolithique a duré environ 2,5M d’années, ce qui représente  99,5% de notre temps actuel passé sur terre. C’est la plus grande période de l’histoire de l’être humain. Pour vous faire une idée de ce que cette période représente, faite un grand pas en avant, vous venez de traverser l’époque paléolithique, Puis avancer d’un demi centimètre, vous venez alors de parcourir le temps qui nous sépare de nos ancêtres, il y a environ 12 000 ans. A cet instant, il est plus facile de se rendre compte de l’importance de la durée du paléolithique et vous aidera à comprendre pourquoi s’inspirer du mode de vie paléo peut si bien convenir à l’homme que nous sommes aujourd’hui.

Le Néolithique

Ce n’est que très récemment, il y a environ 12 000 ans que l’homme a changé son mode de vie.(cela ne représente que 0.5% de notre temps sur terre, soit à peine un demi centimètre sur votre pas de tout à l’heure) Pendant la période du Néolithique, l’homme a commencé à se sédentariser, il cultive la terre et élève des animaux. Les céréales et le lait ont alors fait leur apparition dans notre alimentation. Bien que l’aspect pratique de ce nouveau mode de vie semble évidente et correspond à une certaine évolution, l’homme a malheureusement connu les 1ères famines, car il est devenu trop dépendant à l’agriculture. Grâce aux dernières études, on peut affirmer que l’homme avait atteint son apogée en termes de masse musculaire, taille du cerveau et densité osseuse à la fin du paléolithique. Puis, il a commencé à décliner physiquement à partir du néolithique. Notre taille moyenne a même diminuée de plusieurs centimètres à cause d’une nourriture plus pauvre en nutriments et d’un mode de vie plus sédentaire.

 

La révolution industrielle 

« Processus historique du 19ème siècle qui fait basculer une société à dominante agraire et artisanale vers une société commerciale et industrielle qui affectera profondément l'agriculture, l'économie, la politique, la société et l'environnement. » Par exemple, en France, après la 2nde guerre mondiale, alors qu’il y a toute la population à nourrir et du travail à offrir, les enjeux économiques sont énormes : l’industrialisation alimentaire se met en marche.

L'agriculture s’intensifie et repose sur une mécanisation poussée avec l'usage d'engrais chimiques, de pesticides, fongicides, herbicides… ce mode de production assure un rendement de culture important mais il met en péril la biodiversité et la santé humaine, en étant responsable de la pollution des sols, des nappes phréatiques et cours d'eau souterrains. Afin de nourrir les populations, ce sont d’abord les céréales, génétiquements modifiées, comme le blé ou le maïs qui sont récoltés en masse ne faisant que appauvrir la qualité de nos apports et augmenter le niveau de sucre de notre alimentation. Après des décennies de croisements, l’industrie agroalimentaire a sélectionné les légumes les plus beaux et les plus résistants, mais rarement les plus riches sur le plan nutritif. Des sols plus pauvres, des végétaux cueillis trop tôt, des traitements de conservation plus fréquents, des croissances plus rapides dopées par les engrais et une réduction du nombre de variétés, sélectionnées pour leur résistance aux parasites et leur rapidité de croissance. La plupart des aliments non transformés que nous consommons deviennent à leur tour des coquilles vides sur le plan nutritionnel.

L’élevage animal s’intensifie. Bétail, volailles et poissons sont élevés loin de l’environnement qu’ils ont connus (eux aussi) pendant des millions d’années. Généralement les uns sur les autres, rarement exposés à la lumière du jour, ils ont peu de liberté de mouvement et deviennent des produits de consommation ordinaires. Ajoutez à cela une nourriture à base de farines de céréales qui ne leur correspondent tout simplement pas, ne fait qu'accroître l’acidité dans leur organisme et donc développera des maladies. Les antibiotiques qui leur sont alors administrés se retrouvent dans nos assiettes avec une chair trop grasse et trop riche en Omega-6 qui développe chez l'humain des réactions inflammatoires. L’industrie laitière explose en introduisant largement dans notre alimentation le lait maternel de la vache, à la base destiné au veau, qui ne fera que diminuer les conditions de vie animale et l’état de notre santé.

Les techniques et produits industriels ne font qu'augmenter avec par exemple ceux qui sont raffinés : pain blanc, farine blanche, riz blanc, pâtes blanches, sucre blanc, huiles végétales, etc. Le raffinage est un procédé qui élimine toutes les impuretés et enveloppes des aliments dit complets, et au passage protéines, vitamines, minéraux et oligo-éléments. Les aliments raffinés, aussi appelés "calories vides" n’apportent aucun élément nutritif et ne font qu’augmenter en général leur teneur en sucre. La production de sucre est multipliée par 1 000 dès le début de la révolution industrielle. Il est largement utilisé dans notre quotidien ou dans les préparations industrielles (jus de fruits, soda, sauces, céréales du petit déjeuner, biscuits du goûter, etc.) L’industrie agro-alimentaire fabrique également des produits transformés, trop sucrés, trop gras ou contenant des conservateurs, colorants, additifs, édulcorants, etc. Aujourd’hui plus de 80% des produits qui se trouvent dans les supermarchés n’existaient pas il y a quelques dizaines d’années en arrière et on peut dire qu’ils sont plutôt issus de la chimie que de la nature.

Notre mode de vie a complètement changé ! L’homme d’aujourd’hui a atteint les sommets de la sédentarisation, on ne bouge plus, ou presque. Des millions de personnes prennent les transports le matin pour se rendre à leur travail, ils passent la majorité du temps assis, ils valident leurs courses du bout des doigts depuis leur smartphone pour approvisionner leur foyer avec de la nourriture sans même descendre de leur véhicule. De nombreuses activités professionnelles ou personnelles s'exercent également de manière passive, c’est à dire assise devant un écran. Je ne vous fait pas un dessin, on se retrouve aujourd’hui très facilement dans ce cas de figure. L’homme a pour la première fois de l’histoire, de la nourriture en surplus, qu’il fallait manger, et surtout, il n’a plus besoin de galoper pour pouvoir s’alimenter. Nos modes de consommation ont changé, tous nos produits sont jetables et emballés produisant des tonnes de déchets, les produits d’entretien et produits cosmétiques sont nocifs pour notre santé et l’environnement lorsqu’ils retournent “à la terre”. Bref, je l’ai fait très court mais le sujet est vaste.

Le résultat de cette évolution

Notre ADN a évolué sur plusieurs millions d’années en fonction du mode de vie que nous avons connu la majorité de notre existence sur terre, c'est-à-dire pendant toute la période du paléolithique. Ainsi notre corps fonctionne à son optimum en respectant les conditions dans lesquelles nous avons toujours vécu. Nos gènes actuels, qui caractérisent notre espèce, n’ont pas évolué en si peu de temps contrairement à notre société et modes de consommation qui eux ont été complètement bouleversés. Notre corps n’a pas eu le temps de s’adapter en si peu de temps à ces changements radicaux et n’est de toute façon pas programmé pour. Cette évolution semble malheureusement concorder avec l’apparition d’un taux impressionnant de maladies chroniques présentes dans les cultures occidentales. Par définition, ce sont des maladies de longue durée qui évoluent lentement, détériore la qualité de vie, menace de complication grave et responsable de 63% des décès. C’est devenu la toute 1ère cause dans le monde. Par exemple, 20% des français sont atteint d’une maladie chronique (obésité, diabète, cholestérol, Hypertension, maladies cardio-vasculaires, AVC, Maladie cœliaque, de Crohn, Maladie auto-immune, cancers) En France, 1 décès sur 2 est lié à une mauvaise alimentation.

Nos modes de vie actuels ont développé également des dérèglements anormaux. Notre corps réagit et nous envoie des signaux grâce à des alarmes qui se déclenchent, mais qui sont souvent ignorées, banalisées avec l’habitude. On retrouve parmi celles qui sont devenues courantes : le fameux coup de barre après manger, les ballonnements, le ventre gonflé, la prise de gras, le surpoid, les maux de têtes, une mauvaise récupération, un état de fatigue régulier, du stress permanent, des fringales et envies de sucré, le développement d’allergies, l’apparition d’acné, une sensibilité accru aux maladies hivernales, des rhumes à répétitions, etc. etc.

 

Un retour au sources est possible !

Le tableau est noir mais que savons nous vraiment de nos ancêtres et de leur santé ? Il existe encore sur terre des peuples de chasseurs-cueilleurs, coupés du reste du monde dont la longévité est incroyable et dont les maladies dites de civilisation n’existent pas ou peu. Parmis eux des indiens d’amazonie, des indiens du canada, des aborigènes d’Australie, des eskimos d’Alaska, des polynésiens et des pygmées. Par exemple, les indigènes de l’île de Kitava (25km carré) en Papouasie-Nouvelle-Guinée qui sont considérés comme l’une des dernières populations de chasseurs-cueilleurs (2300 habitants). Aucun d’entre eux n’est en surpoids, aucun ne souffre d’hypertension artérielle, de diabète, d’accident vasculaire cérébral, d’ostéoporose, de maladie auto-immune, de cancers, d'infarctus ni d’acné, pas même chez les jeunes de -  de 25 ans. 

Et puis toutes les personnes, comme moi, qui sont passés à un mode de vie plus naturel ont ressenti les effets quasi immédiat. Dans l’article suivant, je vous expliquerait donc "qu’est ce que le modèle paleo" et "comment il vous aidera à retrouver le rythme que notre organisme attend pour fonctionner de manière optimale".

Partager cet article : 

L'auteur de l'article :

Portrait de Marc
Marc

Marc est éducateur sportif et passionné de nutrition. Il est rédacteur pour le site SUPER7 où il partage ses conseils, recettes et workouts. Il a également créé la section Cross-Training au sein de l’association sportive SUPER7. Marc adopte au quotidien un mode de vie sain qui lui permet d’être en forme toute l’année, en bonne santé et performant dans tout ce qu’il entreprend. Sa mission est de partager ses connaissances au plus grand nombre